Les normes locales, les normes internationales et la recherche de l’excellence Les ingrédients de la nouvelle démarche pour le tourisme sont en train de se constituer.
Ces joutes oratoires qu’ont été les assises nationales du tourisme n’ont pas été, vraisemblablement et comme de coutume, que de vaines phraséologies.
La stratégie qui a été décidée a donné lieu à des débuts d’actions successives qui entrent toutes dans la logique de la mise en oeuvre du tourisme. Jugez-en : D’abord la mise à contribution de cette puissante institution qu’est la mosquée pour venir au secours des actions de l’Etat pour la sensibilisation des citoyens sur les questions de préservation
de l’environnement. Une population dense, en somme, auprès de laquelle sera porté périodiquement ce message allant dans le sens de la préservation du milieu dans lequel le touriste sera amené à évoluer. Un milieu voulu sain, dépollué et entièrement sécurisé.
Ensuite, ce sera au tour des agences de voyages. Un réseau de commercialisation riche de près de 800 agences répartis à travers le territoire national. Quoique la liberté du marché ne les oblige à aucune considération autre que celle du profit, les agences sont
appelées à jouer leur rôle citoyen et à apporter leur contribution au renouveau du tourisme national. Aller au-delà de cette facilité qu’offre le tourisme religieux vers les lieux saints de l’Islam ou des destinations “faciles” comme la Tunisie ou le Maroc parce que très prisées pour leur excellent rapport qualité prix, mais agir de façon responsable pour la promotion de la destination Algérie et contribuer efficacement au développement du tourisme réceptif. Cela passera forcément par des sacrifices : une présence plus accrue dans les salons internationaux, une contribution financière à l'effort de l’Etat pour une plus grande durabilité de l’action promotionnelle, et une agressivité commerciale au niveau des tours opérateurs étrangers C’est au tour, et en toute logique, des guides accompagnateurs d’intervenir. Les guides sont les meilleurs ambassadeurs de l’Algérie touristique. Une culture générale à toute épreuve, une connaissance géographique et historique imbattable et surtout un amour du pays au dessus de tout soupçon. Non seulement, il s’agira pour eux de faire connaître l’Algérie, son vaste patrimoine naturel, culturel et historique, mais également et surtout la faire aimer.
Enfin c’est au tour des inspecteurs du tourisme d'intervenir pour veiller à une bonne prestation de services. Cette armée d’inspecteurs a un rôle crucial à jouer : veiller à ce que tout soit effectué dans les règles et surtout que cela dure dans la qualité et dans le respect des normes..
Et c’est là où réside tout le problème. Celui d’atteindre une qualité de services et d’y rester.
Si les actions en amont, l’éducation du citoyen à la chose touristique, la commercialisation d’un produit et en aval, le contrôle du service et la répréhension des récalcitrants sont on ne peut plus claires, c’est en entre ces deux niveaux que les choses vont mal.
Vendre et contrôler quel produit ?
C’est toute la question des normes qui se pose avec accuité, avec sévérité même. Vaste programme que cette entreprise de recentrage des repères dans un pays où on évoque encore, sans rire, le concept de “normes locales” selon lesquelles, un bon trois étoiles se
satisferait de chambres avec toilettes et douches collectives. Une Algérie à deux vitesses qu’il faudra rapidement ramener aux standards internationaux. Une Algérie qu’il faudra absolument normaliser dans sa recherche de l’excellence.

Slimane Seba